Lennus II : le test
Revenons en à Lennus II que j'ai terminé il y a un mois (début avril). Je suis toujours autant à la bourre
Si le premier opus demeure intéressant à jouer en tant qu'introduction à l'univers unique de Lennus et à son système de magies, les réjouissances commencent réellement avec ce second épisode, beaucoup plus abouti, plus beau, plus profond, et plus agréable à jouer.
Graphiquement, on perd la singularité du style du premier Lennus. Les couleurs ne sont plus aussi criardes et les architectures des bâtiments plus classiques. Lennus II est nettement plus beau mais aussi d'un style nettement plus consensuel. Les teintes fluo ont laissé place à des couleurs pastel, et les ornements se révèlent moins baroques. En ce qui concerne les dialogues, la sobriété et l'élégance de Paladin's Quest laisse place ici à un humour parfois un peu limite qui peut surprendre.
En ce qui concerne les autres aspects, Lennus II exploite parfaitement les bases posées par le premier épisode et en gomme quasiment tous les défauts. Cette fois, on peut choisir ses groupes de magies afin d'obtenir les combinaisons et les sorts souhaités. Dans Paladin's Quest, les magies se combinaient automatiquement entre elles pour créer de nouveaux sorts, sans laisser le choix au joueur. Ici, la possibilité de choisir jusqu'à 4 groupes de magies pour le personnage principal (à la fin) confère un aspect tactique intéressant aux combats et permet une customisation beaucoup plus poussée. On choisira ainsi ses groupes de magies en fonction des sorts que l'on souhaite lancer.
La customisation constitue pour moi le point fort de ce RPG : on peut sélectionner les mercenaires qui nous accompagnent, et cette fois, leur niveau en magie est évolutif (ce n'était pas le cas dans Paladin's Quest), ce qui rend les choses beaucoup plus intéressantes. La progression en niveau magique ne se fait plus en utilisant les sorts, mais en remportant des combats. A l'issue d'un affrontement, des points de magie sont distribués en fonction du type d'adversaire vaincu. Lennus II propose un véritable plaisir de customisation et d'évolution. Ce plaisir n'est pas si courant sur Super Famicom, mis à part dans les Romancing SaGa et Final Fantasy V par exemple. Voir les courbes s'envoler dans les menus et constater la puissance des sorts associés constitue une grande satisfaction !
Je dévoile au passage mon équipe finale :
Le bien nommé David (Farus)
Nikita
Joynus
Rich Jr
J'ai aussi énormément utilisé Jenka (excellent magicienne du vent) et Karrat (top magicien de la foudre).
Au rayon des améliorations, il faut noter que l'interface permet maintenant de savoir quelle est l'utilité des items et des magies, ainsi que de connaître la consommation en HP de ces dernières. Car oui, dans Lennus II, les magies consomment toujours des HP, la notion de MP étant inexistante !
Points forts :
La bande-son et les couleurs pastel créant une ambiance onirique toujours aussi appréciable
La structure du jeu, non-linéaire, avec un découpage en mondes laissant beaucoup de liberté
La profondeur du système de magie et de customisation
Un large choix de mercenaires
Une interface beaucoup plus pratique que celle du premier épisode
Une fréquence de combat bien réglée, et cette fois l'item qui permet d'éviter les combats (le pro ball) fonctionne !
Des combats plus intéressants et moins fastidieux que ceux du premier épisodes
Durée de vie supérieure à celle de Paladin's Quest (environ le double : 40 heures contre une vingtaine pour le premier Lennus)
Points faibles :
Peut-être un peu trop facile dans l'ensemble. Des boss plus coriaces auraient augmenté l'intérêt du soft.
La réalisation est bonne, mais n'atteint pas le niveau des plus beaux RPG SFC de l'époque 1994-1996 (Final Fantasy VI, Chrono Trigger, Bahamut Lagoon, Seiken Densetsu 3, Tales of Phantasia, Star Ocean...)
Un scénario qui tient la route, mais un peu bateau
Note objective : 87%
Note subjective : 87%
Sans être forcément indispensable, Lennus II est fortement recommandé aux fans de RPG sur Super Famicom qui ont déjà terminé tous les classiques de la console. En termes d'intérêt et de système de jeu, je le trouve supérieur à des jeux comme Rudra no Hihou ou Breath of Fire II.