Dynamite Headdy (MegaDrive)
Samedi 7 mars 2026, j'ai terminé Dynamite Headdy sur MegaDrive en version japonaise. Il s'agit d'un jour à marquer d'une pierre blanche, car il s'agit pour moi d'un chef-d'oeuvre.

La popularité très relative de Dynamite Headdy
Je possède le jeu depuis une douzaine voire une quinzaine d'années, mais je ne lui avais jamais accordé l'investissement qu'il mérite. Les quelques petites parties que j'avais lancées ne m'avaient pas spécialement enthousiasmé. Heureusement, cette cécité vidéoludique a cessé la semaine dernière. Mes jeux Treasure favoris étaient Alien Soldier (qui représente pour moi le magistral chant du cygne de la MegaDrive) et l'excellent jeu de combat Yûyû Hakusho Makyô Tôitsusen. Dynamite Headdy leur passe devant, ce qui n'est pas rien !
Pour ma défense, j'étais loin d'être le seul à avoir sous-estimé le jeu. De façon générale, au sein de la "communauté retro gaming", Gunstar Heroes semble considéré comme une référence absolue du run and gun, Alien Soldier est très prisé des collectionneurs, Radiant Silvergun fait l'unanimité chez les amateurs de shoot, et Guardian Heroes conserve une très bonne réputation. Au milieu de tous ces titres, Dynamite Headdy reste sans doute l'un des titres les moins populaires et les moins recherchés du développeur, en dépit de sa fantastique valeur intrinsèque. Même Sin and Punishment semble bénéficier d'une plus grande estime alors qu'il est sorti exclusivement sur Nintendo 64 japonaise. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela.
Le premier facteur réside sans doute dans l'apparence à la fois enfantine et étrange du jeu et de ses personnages. Notre héros, Headdy, n'est pas très beau. Son look particulier (noeud papillon, pantalon rouge, plume sur la tête) ne respire pas franchement la classe et ne donne pas spécialement envie de creuser plus. Rayman lui ressemble d'ailleurs étrangement (Dynamite Headdy est sorti en août 1994 alors que le premier jeu de Rayman est paru en 1995) et reprend le concept de partie du corps détachable. Headdy attaque en effet en projetant sa propre tête. L'ennemi récurrent de Headdy, lui, est un chat violet nommé Maruyama qui ne suscite pas davantage d'intérêt au premier abord.

Un second facteur se situe peut-être dans l'entame du jeu, pas spécialement intéressante à jouer : Dynamite Headdy commence par une fuite en avant (jouable) assez confuse, durant laquelle le seul ennemi présent à l'écran ne peut pas infliger de dommage à notre héros. On se demande alors quel est l'intérêt de cette séquence. Elle est suivie par les tirs d'un avion pouvant toucher Headdy mais sans aucunement le mettre en danger, puis par une première confrontation face à Maruyama, là encore peu palpitante, puisqu'il suffit de le toucher deux fois pour le vaincre. La confusion règne durant ce premier acte, puisqu'on ne sait pas à quels moments on peut se faire toucher, ni à quels moments on peut infliger des dégâts aux adversaires. Les 3 actes suivants (actes 2, 3, et 4) présentent un intérêt supérieur mais demeurent plutôt simples dans l'ensemble, ce qui peut donner une fausse impression de jeu facile destiné aux enfants.
Enfin, Dynamite Headdy est paru durant la seconde moitié de l'année 1994 alors que les consoles 32 bits étaient dans les starting blocks. Les arrivées imminentes de la Playstation et de la Saturn ont éclipsé le jeu, malgré une bonne réception critique.
Un chef d'oeuvre de créativité
En dépit d'un premier contact pouvant s'avérer difficile, au fil des actes, les personnages deviennent de plus en plus attachants (dans mon cas, j'ai fini par beaucoup aimé le personnage de Headdy pour son originalité, ses mimiques, et ses capacités). Il faut dire que la réalisation est tout simplement superbe. Les couleurs vives et très bien choisies flattent l'oeil, et les multiples effets (fausse 3D, rotations, scrolling différentiels...) impressionnent. D'un point de vue technique, Dynamite Headdy exploite parfaitement le potentiel de la MegaDrive. D'un point de vue artistique, cette production se révèle également tout simplement remarquable : il s'agit en fait d'un théâtre de marionnettes dans lequel les décors sont constitués de magnifiques planches assemblées les unes aux autres. Les jointures sont apparentes, ce qui créé un effet de mise en abyme. Visuellement, ces planches deviennent sublimes lorsqu'elles scrollent sur 4 plans durant l'acte 6.
[A suivre...]


) mais il s'avère vraiment très moyen.






